Yoplait, une vision nouvelle des appels d’offre d’agences de communication
Rédigé par Philippe Chouraqui | Classé dans Appels d'offre, Communication digitale | le 18-10-2008
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L’année dernière, sous l’impulsion de Lucien Fa, patron de Yoplait, les règles des appels d’offre d’agences de communication ont été boulversées.
Le schéma classique est le suivant : réception du brief, décision en agence d’y répondre ou pas, réponse et présentation au premier tour, shortlist, deuxième présentation et décision finale du client.
A chaque fois, beaucoup de travail en amont pour les agences, et la loi du marché imposant un seul et unique vainqueur, beaucoup de travail jeté à la poubelle pour les perdants.
Une règle que tout le monde accepte, et qui me semble logique en soi, tant que les attentes restent raisonnables.
Yoplait a donc décidé d’agir autrement, et en deux temps :
> Etre un client mystère
En passant par Gibory Consultant, une demande a été envoyée aux agences de fournir un book de toutes leurs campagnes, sur les deux années précédentes, dans le secteur de la grande consommation, sans savoir à qui était destiné leur document.
> L’équipe avant la stratégie
3 agences furent shortlistées, et là, surprise, la sélection s’est faite uniquement sur des entretiens individuels et collectifs, Lucien Fa ayant reçu les patrons des agences en tête à tête. Aucune recommandation stratégique, aucun travail créatif n’a été demandé !
Yoplait est certainement parti de ces simples constats :
- En se basant sur les books, la qualité de travail des agences parlait de lui-même.
- Lors des entretiens collectifs, la compréhension des valeurs de la marques, et des enjeux propres au marché concerné, ainsi que les affinités entre les équipes étaient évalués.
- Lors de entretiens entre patrons, si les fonctionnements, au sens large, des agences pouvait aboutir à un véritable partenariat.
> Un nouveau modèle ?
Dès la première étape, on comprend bien que seules les agences importantes sont concernées. Pour le reste, la question de l’équipe qui sera en charge du projet est évidemment toujours abordée, elle est simplement placée ici au centre des débats.
Une seule chose change fondamentalement par rapport à ce que je vis au quotidien dans les appels d’offre : dans ce process, les créations graphiques, n’existant pas, n’accaparent pas l’attention de l’auditoire. L’accent est mis sur les manières de travailler, les méthodologies, la compréhension de la marque et des enjeux sur ce marché, un embryon de stratégie (quoique sans brief…), et l’empathie.
On sort du registre qui consiste à étonner, pour se concentrer immédiatement sur l’opérationnel. On se rapproche plus d’un recrutement que d’une consultation.
Ce que j’apprécie le plus dans ce modèle est qu’il sous-entend davantage l’idée de partenariat que de prestataire, bien plus riche pour les deux parties.

Beaucoup de professionalisme dans cette approche de partenariat. Cela ne peut etre que bénéfique pour les entreprises concernées.
Bonjour Hervé,
J’en suis également convaincu, au point de chercher constamment à nouer ce type de relation avec nos… partenaires.
…ce qui ne laisse donc aucune chance pour les jeunes agences talentueuses et donc manquant de références… dommage.
Ce n’est pas la quantité mais la qualité des références qui importe ici. Les jeunes agences ont toutes leurs chances, je peux en témoigner!